Avancée des recherches 2ième semestre 2010
Introduction
Les objectifs de ces six premiers mois de recherche étaient les suivants :
- Déterminer la répartition des tortues affectées par le fibropapillomas aux îles Barren
- Faire un état des lieux des micro-algues potentiellement toxiques présentes dans l’archipel Barren
- Identifier d’autres foyers de fibropapillomas à Madagascar par enquêtes participatives
- Estimer le taux de tortues marines prélevées aux îles Barren
- Sensibiliser les pêcheurs et les scolaires à la conservation des tortues marines
La collecte des données s'effectue sur les sites d’alimentation des tortues vertes (Chelonia mydas). Celles-ci sont capturées à l’aide d’un filet à grande maille et ramenées à terre pour la prise de données. Pendant ces six mois, les captures ont eu lieu principalement dans les îles non encore prospectées : Nosy Manandra et Nosy Vao (figure 1). Des sessions de cinq jours de capture par mois et par site ont été effectuées. Afin d’obtenir des échantillons de tumeurs, des captures ont également été réalisés à Nosy Marify et Nosy Maroantaly. Dans ces îles le fibropapillomas a déjà été mis en évidence (Leroux et al., 2010).
Ces 5 derniers mois, 67 jours ont été consacrés à la capture des tortues sur site d’alimentation. Deux cent vingt tortues ont été capturées : 202 tortues vertes (Chelonia mydas) et 18 tortues imbriquées (Erethmochelys imbriquata). Quatre ont été recapturées (3 vertes et 1 imbriquée) 2 à 4 mois après leur première capture et sur la même zone. Une tortue baguée en 2006, dans le cadre du précédent projet, a été recapturée cette année. Lors de sa première capture, elle présentait des lésions types fibropapillomas, cinq ans après nous n’avons observé aucune lésion.
La taille moyenne (longueur droite) des tortues vertes capturées est de 49,7 cm pour un poids moyen de 20kg. Celle des tortues imbriquées est de 41,8 cm pour un poids moyen de 13,5kg.
Tableau 1: Longueur droite (LD) moyenne et poids moyen des tortues capturées. Le poids moyen n'inclut pas celui de 4 tortues vertes adultes.
| LD moyenne en cm | LD Max-Min | Poids moyen en kg | Poids Max-Min | |
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Chelonia Mydas | 49,7 | 97-33 | 20,1 | > 100 -7 |
| Erethmochelys Imbricata | 41,8 | 55 - 20 | 13,5 | 29 -03 |
Il est difficile de transporter les tortues adultes avec la pirogue. Les quatre adultes pêchés ont donc été mesurés et bagués à bord de la pirogue mais nous n’avons pas pu les peser. Ces adultes sains, trois mâles et une femelle, étaient des tortues vertes.
Tableau 2: Distribution des tortues vertes atteintes de fibropapillomas en fonction des lieux de capture.
| Zone d’étude | Manandra | Marify | Maroantaly | Vao |
Total |
| Nombre total de tortues capturées | 64 | 8 | 57 | 73 | 202 |
| Nombre de tortues avec des lésions | 1 | 1 | 7 | 10 | 19 |
| Pourcentage de tortues atteintes | 1,5 | 12,5 | 12,3 | 13,7 | 9,4 |
Un nouveau foyer de fibropapillomas a été mis en évidence à Nosy Vao, avec une prévalence de 13,7%. Cette île ce situe à 75 km au nord de Maintirano (cf. carte).
Dans le cadre du projet « Diagnostic Environnemental et Social autour de la tortue marine de l’ouest de l’Océan Indien », la prévalence du fibropapillomas était respectivement de 23,7 et de 24,6 % à Nosy Maroantaly et Nosy Marify. Pour les mêmes îles, les prévalences observées cette année sont inférieures. Le but de ces six premiers mois de recherche était de déterminer la répartition des tortues touchées en prospectant les îles non encore étudiées. Nous nous sommes rendus à Nosy Marify et Maroantaly uniquement dans le but d’effectuer des prélèvements sur les lésions, l’effort de capture y est donc plus faible. De plus, la prévalence de cette affection augmente lors de la saison chaude (Foley & al., 2005), or ces premiers mois de recherche ont eu lieu pendant « l’hiver ». Ces deux facteurs pourraient expliquer cette différence de prévalence.
Un nouveau foyer de fibropapillomas a été mis en évidence à Nosy Vao. Cette île présente des points communs avec les îles où le fibropapillomas avait déjà été observé. D’une part, elles se situent toutes à proximité de la côte. D’autre part, elles sont entourées par de vastes herbiers de Thalassodendron ciliatum et de Cymodocea sp. On peut donc se demander si la proximité de la côte ou les herbiers jouent un rôle dans le développement de cette affection.
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